Roi Lear – création 2025-2026

« J’ai envie de jouer cette pièce ultime du monde à l’envers dans le désordre de nos propres ruines. Je veux continuer à poser une question simple, celle d’Hamlet et celle de Lear : quelles sont les raisons de tant de souffrances ? Monter Lear après Hamlet, c’est opérer simplement un changement de point de vue, se mettre cette fois-ci du côté des puissants, des destructeurs, du côté des pères. Et leur faire vivre une rédemption.

Le tout est d’être prêt. « The readiness is all », assure Hamlet quand il accepte de combattre Laërte. « Ripeness is all », le tout est d’être mûr, assure Edgar à son père pour éloigner ses pensées suicidaires. Par le miroir de ces deux répliques qui se répondent, Shakespeare nous indique qu’il y a une continuité entre les deux pièces, continuité que je veux embrasser très concrètement. Au commencement d’Hamlet, il y a le commencement de la folie, il y a quelque chose de pourri dans le royaume. Au commencement de Lear, il y a l’aboutissement de la folie, il y a quelque chose de pourri en nous. Oui, dans nos âmes, il y a ce mal mystérieux qui menace de nous anéantir : l’orgueil.

Je propose une mise en jeu simple : nous sommes à la fin d’une représentation de théâtre. Précisément celle d’Hamlet, tel que je l’ai créé il y a quatre ans maintenant. Je veux partir de là, d’un endroit déjà saccagé par la représentation, dans un décor déjà utilisé, avec des acteurs et des actrices déjà fatigués. Sans pour autant que cela soit une obligation puisque les deux pièces existeront aussi seules, j’envisage cette création comme un diptyque, avec un entracte, sans qu’on ne change rien au plateau, sauf peut-être qu’une couche de neige aura recouvert tout le décor. En plus des considérations écologiques qui doivent nous amener à construire moins, je veux faire résonner ces deux œuvres dans le même espace, en utilisant des décors ayant déjà vécu, pour essayer de comprendre comment on peut passer d’un monde où il y a quelque chose après la mort (puisqu’on devient un fantôme), à un monde où il n’y a plus rien après la mort, d’un monde où l’on doit à nos parents l’amour qu’ils nous ont donné, à un monde où on ne leur doit plus rien. » Thibault Perrenoud

nouvelle traduction et adaptation Clément Camar-Mercier

mise en scène Thibault Perrenoud

avec Mathieu Boisliveau, Pierre-Stefan Montagnier, Guillaume Motte, Aurore Paris, Thibault Perrenoud, Anne-Laure Tondu, Charlotte Van Bervesseles

collaboration artistique Mathieu Boisliveau et Guillaume Motte
scénographie Jean Perrenoud
costumes Emmanuelle Thomas
lumières Claire Gondrexon
régie générale et son Raphaël Barani
régie plateau Benjamin Dupuis

production Kobal’t
coproduction en cours

contact

Emmanuelle Ossena
e.ossena@epoc-productions.net
+ 33 (0)6 03 47 45 51