Le deuil sied à Électre est une réécriture moderne du mythe des Atrides : Agamemnon, Clytemnestre, Électre, Oreste. Eugene O’Neill transpose le mythe dans l’Amérique puritaine du XIXème siècle juste après la guerre de Sécession. Il remplace la mythologie grecque par la psychologie. Les dieux sont absents mais leurs ombres – la haine, la culpabilité, le destin – hantent toujours la maison. La pièce est en trois parties – Le retour, Les pourchassés, Les hantés. Trois descentes successives dans la culpabilité et la solitude. Une fresque tragique à la fois antique et freudienne. (…)
O’Neill écrit comme un homme hanté. Il mêle lyrisme antique et réalisme moderne, le souffle de Sophocle et la claustration de Strindberg, avec une cruauté encore plus tranchante, directe et définitive. Chaque geste, chaque silence a le poids du destin. (…)
Je souhaite créer un spectacle entièrement dédié à l’énergie et à la puissance du jeu des actrices et acteurs. Six interprètes pour incarner chacun les membres de cette famille. Quatre d’entre eux avaient ouvert le cycle des 4 éditions du Festival d’Avignon avec Le Songe d’après Shakespeare. Du Songe au Deuil, les plus belles histoires d’amour ont souvent des accents tragiques. Nous étions prévenus, tout était déjà dans le titre : mais quoi de plus beau en définitive, et de plus heureux au théâtre, que de pouvoir pleurer ensemble. Gwenaël Morin

