Maman et moi et les hommes

tournée 212 | 2013

jeudi 31 janvier Théâtre d’Aurillac
vendredi 17 mai festival Ecritures contemporaines, la Chapelle-Saint-Luc

de Arne Lygre traduction Terje Sinding mise en scène Jean-Philippe Vidal collaboration artistique Denis Loubaton scénographie Christian Boulicaut lumières Dominique Mabileau vidéos Dominique Brunet musique et son Aleksandra Plavsic

avec Hélène Babu, Constance Larrieu, Adrien Michaux

production déléguée Sentinelle 0205
coproduction Le Salmanazar scène de création et de diffusion d’Epernay, La Comédie de Reims centre dramatique national


Ce qui frappe immédiatement dans Maman et moi et les hommes, c’est la construction. Arne Lygre, dramaturge norvégien d’une quarantaine d’années seulement propose une manière totalement inédite de raconter une histoire et nous donne d’emblée la règle du jeu dans son avertissement. « L’action de la
pièce commence en 1943 et se termine quelques années après le changement de millénaire. De la première à la dernière réplique, près de soixante ans se sont ainsi écoulés. »
C’est dans les frottements, entre temps réel et temps rêvé, entre les dialogues et les monologues intérieurs des personnages qui semblent parfois vouloir s’affranchir de l’auteur que naît une impression d’étrangeté. Et dans cet « entre deux », la dimension poétique de l’écriture d’Arne Lygre émerge. Pourtant tout semble se dérouler au départ simplement. Des scènes courtes, haletantes, presque cinématographiques mais qui étrangement se répondent, se rejouent dans une très savante construction faite d’échos, de répétitions, de ressassements. L’air de rien, Lygre nous entraine dans un abime, un vertige. Celui de ses personnages condamnés à bégayer leur histoire.